EFQM: 2009 Millésime d'exception Un modèle EFQM 2010 plus équilibré, deux entreprises françaises primées à l'EFQM Award 2009, un français à la tête de l'EFQM, ...Interview de Pierre Cachet, nouveau CEO de l'EFQM ...
STRATEIS> Le modèle EFQM vient de faire l’objet d’une nouvelle version. Pourquoi ce changement, et pourquoi maintenant ?
Pierre Cachet> Une des principales valeurs de l’EFQM est d’être à l’écoute de ses membres. Or, ceux-ci ont émis le souhait de faire évoluer le modèle à plusieurs occasions, notamment à travers la dernière « membership survey » que nous avons effectuée auprès d’eux, complétée par une écoute qualitative ayant donné lieu à une centaine d’interviews en Avril. Davantage qu’une remise en cause des fondamentaux, la volonté des membres a plutôt exprimé une demande de révision du modèle afin qu’il prenne davantage en compte les éléments prégnants de ces dernières années : la dimension sociétale, les enjeux liés à l’environnement, l’innovation et l’analyse des risques.
STRATEIS> Qu’est-ce qui a changé concrètement dans le modèle EFQM ?
Pierre Cachet> En plus d’un rééquilibrage avec les nouveaux enjeux, nous avons voulu rendre le modèle EFQM plus lisible et plus intégré. Désormais, la cohésion est en effet plus forte entre les concepts fondamentaux et l’ensemble des critères du modèle. Parallèlement, le vocabulaire a été revu afin de faire progresser son caractère universel. A titre d’exemple, les organismes publics se retrouveront davantage dans cette nouvelle version qui est attentive à utiliser des termes moins typés « business ». Cette évolution vers plus d’universalisme est d’autant plus importante que de nombreux utilisateurs de l’EFQM sont aujourd’hui localisés hors du périmètre européen en Amérique latine, au Moyen Orient ou encore en Amérique du nord et en Asie. Bien que la vocation de l’EFQM soit avant tout européenne, nous nous devons en effet également de répondre aux demande de ces pays afin de contribuer à la circulation des grands messages de l’Europe en matière de modèle de développement viable. De plus, cette reconnaissance du modèle EFQM hors d’Europe participe à l’accroissement de sa notoriété globale.
STRATEIS> Précisément, en matière de notoriété, quels sont les vecteurs d’une plus grande utilisation de l’EFQM ? La nouvelle version contribuera-t-elle à cette évolution ?
Pierre Cachet> Le contexte macro-économique est aujourd’hui favorable aux principes prônés par l’EFQM depuis sa création. En effet, les besoins mis en évidence par les crises économique et écologique sont présents depuis toujours dans le modèle, notamment la nécessité d’une vision à long terme et pas seulement à court terme, l’équilibre parmi les parties prenantes ou encore l’importance de prendre en compte les risques. En plus de ce contexte facilitant, nous avons aujourd’hui un enjeu de notoriété fort à travailler qui consiste à démontrer la valeur ajoutée du modèle pour les organisations déjà fortement matures. En effet, si les diplômes délivrés par l’efqm constituent de fait des clés d’entrée et des voies de progrès très appréciées par les entreprises, nous avons moins développé les domaines du benchmarking et des évaluations de type stratégique. Or, ces activités correspondent aujourd’hui aux besoins des entreprises les plus avancées et nous travaillons aujourd’hui sur ces sujets avec des prestations qui sont en cours de développement. Dans cette mesure, oui, la nouvelle mouture du modèle va faciliter son utilisation plus large.
STRATEIS> Avec ce nouveau modèle, le positionnement de l’EFQM par rapport aux autres démarches de progrès va-t-il changer ? Par exemple vis à vis du six sigma ? ou du développement durable ?
Pierre Cachet> Comme je l’ai déjà évoqué, nous avons encore renforcé le caractère universel du modèle. Par rapport aux autres démarches, qui peuvent si on écoute les dirigeants devenir de véritables « mille feuilles » tant elles sont nombreuses et changeantes, l’EFQM a de facto un rôle grandissant de mise en cohérence globale. Selon ses enjeux, l’entreprise va en effet avoir intérêt à pratiquer une norme, un outil d’optimisation ou tout autre outil dédié à un domaine de performance ciblé. Plutôt que se substituer à un de ces outils, le modèle EFQM va permettre d’identifier les domaines de progrès prioritaires et d’optimiser le choix d’outils adaptés, car il est porteur d’une vision globale de l’avenir de l’entreprise et d’une stratégie équilibrée vis à vis de toutes ses parties prenantes.
STRATEIS> Maintenant que l’EFQM est doté d’un nouveau modèle, quels sont les axes majeurs sur lesquels vous allez travailler ?
Pierre Cachet> Tout d’abord, l’écoute de nos membres reste une orientation prioritaire. A partir de cette écoute, nous allons en effet renforcer la valeur ajoutée de l’ensemble des prestations afin qu’elles répondent à des attentes clairement établies. Un autre axe de travail consiste à être plus proactif vis à vis du secteur public dans sa recherche d’une meilleure performance. Déjà, certains pays et certains domaines font largement appel à l’EFQM pour progresser, principalement dans le secteur de la santé et de l’éducation, mais aussi pour des activités régaliennes telles que la police. Nous devons accompagner activement cette dynamique, par exemple en réalisant des guides d’application de type « guidelines » pour faciliter la lecture du modèle et sa mise en œuvre. Enfin, il nous faut travailler à une plus grande notoriété car les démarches EFQM ne sont pas assez visibles aujourd’hui dans les médias, les écoles et les universités. Partout où sont formés les managers de demain, il faudrait à minima que les grands concepts de l’EFQM soient communiqués et compris..
STRATEIS> Vous venez d’être nommé CEO de l’EFQM. Comment exprimeriez-vous les critères de succès de l’EFQM à trois ans ?
Pierre Cachet> Les critères de succès sont la satisfaction de nos membres, la mise en avant des réussites et la lisibilité et la notoriété du modèle EFQM
Interview de Pierre Cachet, CEO de l'EFQM

